Le VIH pédiatrique : une urgence en Afrique de l’Ouest et du Centre
Selon les dernières données publiées par l’ONUSIDA en juillet 2024, environ 39,9 millions de personnes vivaient avec le VIH dans le monde en 2023, dont 1,4 million d’enfants (0–14 ans). Parmi elles, 53 % étaient des femmes et des filles, soulignant la persistance d’une vulnérabilité structurelle liée aux inégalités de genre. L’Afrique de l’Ouest et du Centre (AOC) concentre une part importante de cette charge, avec environ 5,1 millions de personnes vivant avec le VIH, dont 380 000 enfants de 0 à 14 ans et 280 000 adolescent•e•s de 10 à 19 ans.
Des progrès notables ont été réalisés, mais l’accès au traitement demeure inégal et insuffisant dans la région. En 2023, seulement 4 personnes sur 10 vivant avec le VIH en AOC avaient accès à un traitement antirétroviral (ARV), contre 8 sur 10 en Afrique orientale et australe. Les enfants sont particulièrement laissés pour compte : seulement 36 % des enfants de 0 à 14 ans vivant avec le VIH dans la région étaient sous traitement. Chez les adolescent•e•s et les jeunes, les indicateurs restent faibles : faible taux de dépistage, retard à l’initiation du traitement, et rétention insuffisante dans les soins 1.
À l’échelle mondiale, les décès liés au sida ont diminué de 69 % depuis 2004 et de 51 % depuis 2010. Pourtant, la mortalité reste alarmante en AOC, avec environ 130 000 décès enregistrés en 2023 – soit plus de la moitié des décès mondiaux. Les enfants et adolescent•e•s paient un lourd tribut : plus de 33 000 décès ont été enregistrés chez les moins de 15 ans dans la région.
Par ailleurs, on observe une baisse significative des nouvelles infections, en recul de 60 % depuis le pic de 1995. En 2023, environ 1,3 million de personnes ont été nouvellement infectées, dont 44 % étaient des femmes et des filles. Les adolescentes et jeunes femmes demeurent particulièrement vulnérables : en Afrique subsaharienne, elles représentaient 62 % des nouvelles infections cette année-là. Chaque semaine, 4 000 jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans contractaient le VIH dans le monde, dont plus de 3 100 en Afrique subsaharienne .
Ces données témoignent des difficultés que pose la PEC des adolescent.e.s vivant avec le VIH, qui ont globalement un moindre accès aux services de la cascade des soins, une faible adhérence aux traitements et plus de chance d’être perdus de vue.
Ils/elles doivent également faire face aux problématiques de sexualité qui émergent à leur âge et pour lesquelles il reste encore difficile d’avoir des réponses adaptées du fait du double tabou de la sexualité des ados/jeunes et de celle des PVVIH.